Jeudi 9 juillet 2009

Rien ne va plus. Jusque là, je me forçais à me coucher à 23heure pour être en forme au stage, maintenant je veille jusque plus tard. Ce nouveau style de vie me vide de toute mon énergie et de mon envie de faire des efforts. Je ne suis plus assez productif au travail, encore heureux que je ne croule pas sous les dossiers. Avant, j’arrivais à travailler toute la journée, sans m’ennuyer, mais depuis un ou deux jours, je suis plus souvent sur Facebook que sur la base de données dont je dois m’occuper. J’étais vraiment bien quand j’avais du travail, je ne pensais à rien d’autre et ne levais la tête que pour admirer la beauté de ma collègue avant de me replonger dans la liste de noms sous mes yeux. Pendant le premier mois, j’ai adoré rester dans cette montagne de boulot, le léger stress des échéances, et quand les autres stagiaires venaient me voir pour qu’on aille à la cantine ensemble. J’ai un peu de mal à m’intégrer, j’ai tendance à être un peu timide quand on est plus de deux ou trois, et surtout en plein repas. J’engloutis ma salade, je savoure un peu plus la pizza et je remonte surfer un peu sur internet avant de reprendre le boulot. Dans cet environnement aseptisé et studieux, je pense tout de même à me détendre. Je me lève tous les jours à la même heure, et sort de l’espace de travail. Je vois tous mes collègues, ils sont au téléphone, fouillent dans des piles de papier, regardent leurs ordinateurs, aucun ne me remarque. Je ne marche pas longtemps avant d’atteindre mon petit havre de paix. J’ouvre une porte, puis une autre, et m’assoie. Je suis seul, il n’y a aucun bruit, je lâche un léger soupir de soulagement et me laisser aller. Je lève la tête, ferme les yeux et à repenser à tout ce qui ne va pas dans ma vie, puis je me concentre sur le silence, le calme qui règne ici. J’adore ces toilettes. Malheureusement, il semblerait que la loi des séries soit à l’œuvre. Elles étaient propres et pas trop odorantes jusque là. Or, depuis quelques jours, quelqu’un ressent le besoin de passer avant moi et de laisser derrière lui une odeur putride. Ce qui était pour moi un havre de paix est soudainement devenu une décharge à ciel ouvert. J’ai donc tout perdu cette semaine, mon travail, et ma résidence secondaire. Le désespoir m’envahit tout doucement. Je ne sais plus quoi faire… Il n’y a qu’une seule solution, trouver le responsable de cette pollution olfactive, et le défier pour la propriété des toilettes.

La bataille ne fait que commencer…

Par NeuNeu
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Jeudi 9 juillet 2009

On me demande toujours pourquoi je suis cynique. Je pense qu’il est temps pour moi de m’expliquer. Je peux rire de tout, sur n’importe qui et n’importe quand, sauf de mon chien. On ne touche pas à mon chien. Il est tout pour moi, le seul à venir me faire un câlin quand je rentre chez moi, à venir sur mes genoux quand je ne me sens pas bien, et à me faire rire quand tout va mal. Bref, mon cynisme peut s’expliquer par l’admiration sans borne que je voue à Pierre Desproges. Comme mon chien, il est tout pour moi. C’est un homme qui imitait quelqu’un atteint du cancer de la gorge alors qu’il se savait atteint du même mal. Aujourd’hui, on ne peut rien dire sans être taxé d’irrévérence. Stéphane Guillon, aussi talentueux soit-il, n’a jamais atteint le degré d’acidité dont pouvait faire preuve Monsieur Desproges, et pourtant on le taxe de nombreux sobriquets peu flatteurs. Je tiens à préciser un point : la question Dieudonné. Nombreux sont ceux qui associent Dieudonné à Pierre Desproges notamment à cause de leurs boutades répétées sur les Juifs, or, des deux artistes, il y en a un qui n’a pas fait de Jean Marie Le Pen le parrain de sa fille, je vous laisse deviner lequel. Tout cela pour dire, que le sens de l’humour, s’il ne ressemble pas à celui Gad Elmaleh ou Jamel ne va souvent pas le bon sens pour la plupart des gens.  Toutefois, je ne suis pas sur que cette admiration soit le seul facteur expliquant mon attitude plus que détachée par rapport à certains évènements. La vie est comme mon pénis, et parfois elle est dure. Je n’ai pas trouvé d’autres moyens pour lutter contre les difficultés que de me cacher derrière ce sens de l’humour un peu particulier qui fait grincer tellement de dents, et qui me fait souvent passer soit pour un con, soit pour un connard, ou alors pour les deux à la fois. J’ai toujours été insignifiant. De l’école primaire au collège, on ne me voyait que comme une sorte d’extra-terrestre juste bon à donner les réponses pendant les contrôles. C’est là que tout a commencé. C’est là que j’ai commencé à comprendre la notion de normes. En boom, venir avec un CD de Nirvana n’aide pas à s’intégrer. Lire l’Odyssée sans que le prof de français ou de latin ne le demande est considéré comme un manquement à l’éthique des écoliers. J’ai été mis à l’écart. Evidemment, j’avais ma petite bande, mais j’étais aussi le dernier invité, ou alors celui qui n’était pas invité. A la place, je faisais mes devoirs. Je lisais, je faisais du sport, j’écoutais la musique, et surtout, je rêvais. J’ai passé une partie de mon enfance sur le dos à regarder mon plafond en refaisant le monde. C’est comme cela que je me suis enfermé dans un monde à part, un monde dans lequel toutes mes émotions se déchaînent, un monde qui m’empêche de ressentir quoique ce soit tant qu’il y a quelqu’un en face de moi pour le voir. Au lieu de simplement dire que je n’aime pas, je ressens l’irrépressible besoin de tourner la situation au ridicule, même si la situation ne s’y prête pas il faut que je laisse échapper une blague ou une réflexion. De la même manière, je ne peux pas être moi-même devant qui que ce soit.

L’avantage de cette situation, c’est que je choisis les gens avec qui j’ai envie d’être. Pas question de faire attention à mes blagues quand je suis avec des gens que je n’apprécie pas. On peut dire que mon humour c’est un peu comme la sodomie, il y a des gens qui veulent essayer, et des fois ça passe, il y en a qui n’essaient même pas. Ca aide déjà à faire un léger tri des personnes. Personnellement, j’ai du mal à apprécier une personne qui ne me fait pas rire, je suppose donc que les autres font de même.

En revanche, l’inconvénient, c’est que je me trompe souvent. Il arrive régulièrement que je reste avec les premières personnes qui rient et qui me font rire. Cela m’empêche d’aller vers d’autres personnes beaucoup plus intéressantes, et rebutées par mes remarques, certes souvent déplacées, et par mon côté taquin. Il est difficile d’en vouloir à une fille de me rejeter parce que je lui ai dit qu’elle était belle comme un portrait de Picasso.

 

 

 

Par NeuNeu
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Lundi 6 juillet 2009

17h30, j’arrive dans le gymnase. On a un peu de retard, la pesée se termine dans 5minutes. Je me dépêche d’aller dans la petite salle qui où se trouve LA balance. Il y a trois hommes derrière une table, postés devant la balance, ils examinent ma licence. Celui qui se trouve en face de moi me signale qu’il a déjà vu un de mes combats, il me félicite et se demande si j’ai toujours mes problèmes de genoux. Je lui réponds que je me suis fait opérer il y a 1 mois et que je retrouve le ring pour la première fois. Je suis là, en caleçon sur la balance, dans une pièce trop petite pour contenir tous ces boxeurs et leurs entraineurs. Je me sens tout petit au milieu de tout ce monde. Ils ne sont rien comparés à tous ceux dans les gradins, ils ne sont rien à coté de tous ceux en chemin pour rejoindre les gradins. Cette foule me fait peur, comme une sorte de Dieu dont je serai l’offrande. Une fois la pesée effectuée, je me dirige rapidement vers la visite médicale. Le médecin examine attentivement mon genoux, me demande si je suis sur de vouloir remonter sur le ring si tôt, et me fait faire quelques flexions pour vérifier que je suis capable de plier les jambes sans problème. Il me souhaite bonne chance et me demande d’appeler la personne suivante.

18h00, je suis dans le vestiaire. Encore une fois, ça fourmille dans cette petite pièce. Je ne comprends pas comment tout ce monde peut cohabiter dans un si petit espace. Certains plaisantent, d’autres écoutent la musique pendant que certains essaient de dormir. Ceux dont le combat est prévu en début de soirée se préparent. Ils ont l’air grave, comme si on leur avait annoncé qu’ils devaient aller se battre en Afghanistan ou que leur petite amie le trompait avec son pire ennemi. C’est là que tout se joue. C’est dans leur tête qu’ils se battent en premier. Ils ne doivent pas douter.  On ne se connait pas, on ne s’est parfois jamais vu, et pourtant, nous formons une famille. Quand le premier appelé quitte le vestiaire,  tout le monde a un mot pour lui, une tape sur l’épaule, un clin d’œil ou même un sourire. Sans ces gestes, sans ce réconfort, le meilleur d’entre nous n’est plus rien et perd l’essence même de ce sport qui a fait rêver tant de monde. Pendant qu’il combat, certains vont le regarder, d’autres commencent à s’échauffer, l’ambiance devient de plus en plus tendue. Le retour de nos camarades et leur départ du vestiaire nous rappelle que le temps passe et que notre tour arrivera bientôt.

21h30 : j’ai regardé les combats pendant deux heures avant de retrouver les vestiaires. Ils étaient plus tranquilles, je suis un des derniers à passer. Il paraît que mon adversaire est la gloire de la ville, une sorte de symbole de la réussite. Je commence à sentir la pression monter en moi, je trépigne, tourne en rond et commence à simuler un combat contre le sosie de Casper. Mon entraîneur sent la tension monter, il me demande de m’échauffer et commence à chausser ses pattes d’ours. Il me motive, il me soutient, il me malmène, il me rabaisse, il me rend les coups, il me réveille, il m’énerve, il est tout pour moi, je ne vois rien d’autre que lui et n’entend que mes coups hachant les applaudissements déjà étouffés du public. Je ne suis plus le même, rien ne peut plus m’atteindre. Je ne ressens rien, ni stress, ni angoisse, juste l’irrépressible besoin de monter les escaliers menant au ring, passer entre les cordes, écouter les consignes de l’arbitre, et montrer au public ce que je sais faire de mieux en ce bas monde.

Un organisateur vient nous indiquer que je dois me présenter en bas du ring et m’apporte mes gants. Je suis à l’entrée de la salle, mon adversaire est à une dizaine de mètres, à l’entrée parallèle. Il rentrera en dernier, pour que le public soit tout feu tout flamme au début du combat et que je sois au plus bas. Le speaker commence à me présenter, je suis le challenger, je suis l’homme à abattre, à huer, je ne suis pas chez moi. Les guitares des Stooges commencent à rugir, j’entends le speaker crier mon nom, je m’avance fièrement, le peignoir aux couleurs de mon club sur mes épaules, je n’ai peur de rien. Je ne crois en rien, le Dieu Foule ne m’impressionne pas. J’ai juste besoin de sentir la main de mon entraineur me pousser doucement dans le dos, j’ai besoin de l’entendre me parler. Il est celui sur qui je me repose, il est mes genoux, mes poings, mon mental. Il est tout, je ne suis plus rien.

Je piétine, je trépigne, je le regarde faire le beau devant son public. Il paraît qu’il est bon. Mon entraîneur dit que je suis meilleur même amputé d’un bras et d’une jambe. L’arbitre nous parle, il veut du respect, de l’engagement, et du spectacle. J’ai bien l’intention de le combler. On retourne chacun dans notre coin sans se quitter des yeux. Le combat a déjà commencé. La cloche retentit. On s’avance, nos gants se touchent puis remontent protéger nos visages. Je le laisse venir, je veux le mettre en confiance. Il attaque fort, je ne fais que bloquer et remiser un ou deux coups. Il est rapide et puissant, mais pas autant qu’il semble le croire. Je bloque ses coups et remet de plus en plus fort pour lui montrer que je suis bel et bien là. Je le touche une fois au menton, il recule. Je ne le lâcherai plus. Le temps passe, je ne sais pas combien de temps il reste dans cette première reprise et décide d’accélérer le rythme. J’envoie mon bras avant rapidement pour tester sa garde, je le harcèle. Je ne veux pas qu’il puisse respirer, je veux l’étouffer à petit feu, qu’il ne puisse pas reprendre son souffle. Les coups se durcissent, ma lèvre explose. L’arbitre me renvoie dans mon coin pour que mon entraineur freine les coulées de sang. Je dois gagner avant que l’arbitre n’arrête le combat. Je m’avance, je suis prêt. Je lui envoie mon bras avant rapidement, puis lance mon bras arrière puissamment. Je le touche en plein nez. La cloche sonne, ça fait déjà trois minutes. Ma lèvre saigne, son nez aussi. Je me préparais à une défaite en cas d’arrêt du combat par l’arbitre, je n’avais pas assez boxé pour gagner aux points. Mon entraineur panse ma lèvre, il me dit de les protéger à tout prix, il ne faut pas qu’elles saignent à nouveau ou tout sera fini. Je m’avance avec la ferme intention d’en découdre. L’arbitre prend mon bras et le lève. Je ne l’ai pas vu jeter l’éponge. J’ai gagné. Mon entraîneur croyait en moi, celui de mon adversaire doutait de son poulain. Ils sont tout et rien à la fois, nous sommes tout et rien à la fois. Nous ne faisons qu’un,  lui et moi, un homme contre un autre, prêts à repousser nos limites.

 

Par NeuNeu
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Lundi 6 juillet 2009

Chère Anaïs,

Ton petit mot m’a vraiment fait plaisir. Jusque là, je n’ai eu le droit qu’à des insultes, des menaces et parfois même des signalements auprès des modérateurs. Il faut croire que le concept d’âme sœur est inconcevable en ce monde virtuel. Je trouve cela plutôt étrange étant donné le nombre important de personnes affirmant rechercher une relation durable. Bref, je ne m’attarderai pas sur la malhonnêteté maladive de nos semblables, et vais plutôt essayer de te répondre.

Tout d’abord, je tiens à te remercier encore une fois de t’être livrée au jeu de la vérité comme j’ai commencé à le faire. C’est, à mon sens, la seule façon de batir une relation solide. On ne peut pas construire une maison sur des sables mouvants, cela serait comme essayer de faire atterrir un Airbus dans l’Atlantique. J’ai connu une femme comme toi un jour. Elle était grande, avait une belle chevelure brune qui dansait lorsqu’elle riait, des jambes interminables et un tatouage dans le dos. Elle s’appelait Eva. Une sorte de chimère qui est devenue réalité. Je ne sais ni pourquoi, ni comment mais elle est la seule avec qui, malgré son âge avancé, j’aurais pu être tenté par une vraie relation. D’ailleurs, je pense que malgré la courte durée de celle-ci, notre relation était emprunte d’un amour aussi fort que celui de Kate Blanquette et Leonardo Di Carpaccio dans Titanic. Même si elle ne me l’a jamais avoué, je sentais qu’elle m’aimait. Je me rappelle comme elle faisait attention à moi, le matin au réveil, elle m’apportait le petit déjeuner et, même s’il n’était pas fameux, cela avait le mérite de me réchauffer le cœur. Une fois, une autre de mes conquêtes m’a apporté le petit déjeuner au lit mais le beurre n’a paru trop mou, la confiture tiède, et le chocolat mouillé. Quand elle était là, tout avait une saveur différente, et j’avais l’impression de manger l’Amour à la petite cuillère. On faisait parfois notre toilette ensemble. Elle était si douce et attentionnée. Le soir, avant qu’elle n’éteigne la lumière, elle avait toujours un mot doux qui me permettait de m’endormir paisiblement. Quand j’ai commencé à me sentir mal, elle était là. Elle me prenait par la main et me forçait à sortir, toujours souriante malgré les imprévus parfois désagréables auxquels on doit parfois faire face.

Ta franchise et ta façon d’écrire m’y ont fait repenser. Et cela me rappelle une chose que j’ai oublié de préciser dans ma présentation. Je n’aime pas être délaissé. Je veux être la priorité absolue de celle qui partagera ma vie, elle ne doit pas avoir une seule chose à faire plus importante que le massage des pieds quotidiens que je lui demanderai. Je te l’ai déjà dit, je suis extrêmement exigeant, et je ne voudrais pas être déçu par un éventuellement manquement à la règle. Je crois qu’Eva n’a pas supporté ces exigences. Elle est partie après 15 jours. Je n’ai jamais eu aucune nouvelle. Une autre infirmière s’est occupée de moi à partir de ce moment là. Je ne lui pardonnerai jamais de m’avoir laissé là comme une vieille chaussette. J’étais à bout, cette infection urinaire m’avait privé de toutes mes forces, et elle n’a pas daigné me prévenir qu’elle avait demandé à changer de service. Si tu es comme elle et ne supporte pas qu’un homme ait des attentes, que tu veux partir en me laissant le cœur et le pénis en morceaux, alors je te demande d’arrêter immédiatement de me parler. Ce n’est pas parce que je recherche le grand amour que j’ai envie d’être manipulé par une fille sournoise n’en voulant qu’à mon argent et mes bonnes idées. Eva était parfaite, belle et attentionnée, mais je sais qu’elle n’a fait ça que pour le sexe, le mien en particulier. Tout ce qu’elle voulait, c’était approcher mon pénis et le narguer alors qu’il était dans cette position si inconfortable. Tu parlais dans ton mot de ta grande compréhension, alors essaies de comprendre cela : si tu comptes m’abandonner sans aucune raison, alors que je te chéris, comme j’ai chéri Eva, alors ne visite même plus mon profil. Je pense l’aimer encore un peu au fond de moi, mais j’aimerais encore plus l’avoir en face de moi maintenant que mon pénis est à nouveau en état de marche, pour lui faire regretter de m’avoir quitté avant d’avoir grimpé mon Mont Olympe.

Voilà qui je suis, et qui je serai. J’ai cru que le changement ne te plaisait pas, alors nous sommes faits pour nous entendre, parce que je n’ai rien à changer, si ce n’est les pneus de ma voiture. Si je ne t’ai pas trop effrayée avec mes certitudes et mes sentiments guimauves, j’attends avec impatience ta réponse.

 

Par NeuNeu
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Lundi 6 juillet 2009

Qui suis-je ? Non je ne suis pas Mary-Jane Watson. Ca tombe bien parce que tu n’es pas Spider-Man. Comme toi je n’ai pas su me présenter et cela explique que ma fiche de renseignement soit si peu fournie. Je vais donc le faire en privé, ton profil m’ayant fortement intéressée. Contrairement à toi,  je n’ai jamais eu l’occasion de butiner à droite et à gauche avant de chercher la stabilité. J’ai toujours été comme Adrienne à attendre mon Rocky. Pour moi, il fallait que je trouve l’amour, le vrai, sans passer par de multiples aventures sans lendemain. Je voulais un CDI sans période d’essai. Hélas, trois fois hélas, je n’ai jamais réussi à trouver l’homme qu’il fallait, celui qui me transporterait dans un autre monde, qui me protégerait de tous les dangers, qui me ferait oublier tous mes soucis, et qui me ferait l’amour sans jamais fatiguer. Cet homme là, j’ai cru le trouver plusieurs fois. Seulement, on s’est moqué de moi. Ils n’étaient charmants que pour me passer dessus comme un 38 tonnes écrase un enfant sans s’arrêter ni même se retourner,  et mes illusions perdues gisaient sur le lit dans une mare de sperme comme les intestins de l’enfant pulvérisé alors qu’il allait ramasser son ballon tombé sur la route. Comme tu peux le voir, on a au moins en commun le fait d’être des romantiques convaincus. C’est en partie pour cela que je prends contact avec toi aujourd’hui. On dit souvent que les personnes n’ayant rien en commun s’attirent, pourtant je n’en suis pas vraiment convaincue. Je pense qu’il faut au moins un ou deux points commun pour que l’on puisse être attiré l’un par l’autre, des assises stables sur lesquelles le couple pourra s’appuyer en temps de crise. Sans vouloir précipiter les choses, j’ai bien l’impression que si nous étions en couple, nous pourrions nous reposer sur un romantisme sans fin. Chacun à essayer de surprendre l’autre, de lui arracher un sourire et pourquoi pas de temps en temps une érection. Ca serait un jeu du chat et de la souris, je ne ferai pas la vaisselle, tu me taperas et en mettant la main dans l’évier tu trouveras la boîte du bijoutier dans laquelle se trouvera la chevalière que je t’aurais acheté l’après-midi même. Comment un couple comme cela pourrait-il défaillir au fil des ans ?

Voilà ce qui concerne mes attentes aux mariages. Cela  te permet surement de me connaitre un peu mieux, mais je pense qu’après ta présentation si complète je suis dans l’obligation de faire de même. Comme je te l’ai déjà dit, j’ai toujours cherché une relation stable, durable et éternelle. Cela correspond bien à ma personnalité, j’ai du mal à accepter le changement. J’aime la routine. Si jamais un jour tu es un peu violent et que tu prends l’habitude de me taper un peu dessus, parce que je le mérite bien sur, surtout n’arrête pas. J’aurais l’impression que tu ne m’aimes plus, que tu ne veux plus que notre relation s’arrête.   Je me sens mal dans ce genre de situation et ai impression que tout mon monde s’écroule. Je ne veux pas de changement, tout doit rester identique, peu importe la situation de départ. C’est mon principal trait de caractère et pas forcément le plus facile à accepter. Je comprends parfaitement que cela puisse ne pas être accepté, mais n’aimant pas le changement, je ne n’ai pas envie de faire d’efforts. Que dire d’autre sur moi ? Je suis extrêmement compréhensive. C’est certainement du à l’éducation que j’ai reçue. Ma mère m’a toujours appris à aimer mon prochain, et à accorder une chance supplémentaire aux déviants. Je ne sais qu’un homme peut parfois aller voir ailleurs, mais si cela arrive régulièrement, et que ça permet à notre couple de ressortir plus fort après chaque crise alors je suis prête à accepter cette situation…  J’ai le sens du sacrifice et je suis prête à comprendre toute situation si tant est qu’on me l’explique ou qu’elle devienne habituelle.

 

Je ne sais pas quoi te dire d’autre, si ce n’est que j’ai été très touchée par ton annonce et que j’aimerais qu’on apprenne à se connaitre toi et moi.

 

Bisous,

Anaïs.

 

 

Par NeuNeu
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