1 2 3 SOLEEEEIL !!!! Figeons un moment la situation. Au milieu du tableau vierge de toute écriture se trouve la tête et le corps frêle de cette dame d’un certain âge. Il est nécessaire de séparer tête et corps dans la mesure où, assez paradoxalement, celui-ci plutôt insignifiant, à limite de l’inexistence, porte un fardeau tel que la cette tête dont la seule vue nous fait regretter d’avoir des yeux. Comme Œdipe,il m’arrive de vouloir me crever les yeux à la vue de cette petite tête si imposante. C’est assez perturbant de savoir qu’une telle créature est le résultat des mêmes processus que vous et moi. Cela veut dire qu’à un spermatozoïde près j’aurais pu lui ressembler et devenir le totem de la troupe des P’tis Louveteaux chez les Scouts. J’aurai pu, moi aussi, être si petit qu’à 40 ans je ne puisse pas m’habiller avec autre chose que du 12 ans. On aurait trouvé cela mignon si un gène Gremlin ne s’était pas introduit dans sa constitution. Hélas, la pauvre n’a pas eu de chance. En plus d’avoir deux verrues en guise de poitrine, un masque d’Halloween lui tient lieu de visage.
Sachant qu’elle ne compte pas son physique dans ses avantages, on pourrait supposer qu’intérieurement le spectacle sera plus réjouissant. Et pourtant, son intérieur est tout aussi abîmé que ses dents. A croire que l’âge l’a rendu aigrie et totalement incapable de quelque forme d’humour que ce soit. Mais n’exagérons rien… Elle peut faire preuve d’humour, un humour que très peu comprennent. Après tout elle est n’est peut-être pas si mauvaise qu’elle veut nous le faire croire. Simplement, elle adore passer pour l’incarnation des sorcières, si bien qu’elle se comporte et parle comme on imaginait les sorcières étant enfants. Figée comme elle l’est, on pourrait la confondre avec une maquette en cire du Musée Grévin, une maquette représentant Gollum dans le Seigneur des Anneaux. On a juste envie de l’insulter de la rouer de coups pour tout le mal qu’elle nous a fait à nous, pauvres hobbits innocents que nous sommes. Il est vrai qu’en face d’elle ne se tiennent pas que des petits gentils et pétillants hobbits. Il y a aussi ce qu’on trouverait sous le nom de troll ou orque chez Tolkien.
Prenons deux exemples. D’abord celui de ce charmant jeune homme. Bien habillé, propre sur lui, une bonne humeur indéfectible et une haleine parfois aussi putride que son humour est dans le bon sens. Que dire de plus ? Parler de sa générosité, de son sens inégalable de la réflexion, son don naturel pour la fabrication d’antisèches, son sens de l’hospitalité ne suffiraient pas à énumérer la moitié de ses qualités. On pourrait parler de sa culture sans bornes qu’il étale sur ses copies en même temps qu’il nous montre l’éventail des fautes de français qu’il a dans son sac.
Prenons ensuite l’exemple de cette magnifique jeune fille étalant sa culture comme elle nous montre son physique ingrat chaque fois que, le matin, elle passe la porte avec la démarche d’un ballet de pingouin et le sex-appeal d’un accident de la route. Elle arrive avec avec sa prestance et sa suffisance, nous éclabousse de sa prétention et de ses postillons. Cette demoiselle au physique aussi beau que sa culture est riche serait si parfaite si un défaut de prononciation ne venait pas troubler ce tableau si idyllique jusque là…
J’estime ne pas pouvoir être attentif dans de telles conditions, c’est pourquoi je demande la suppression de ce cours, et pourquoi pas de cette enseignante.


