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Samedi 10 mai 2008

Si déféquer peut s’avérer être pour moi le plus grand bonheur, je dirais même plus, le bonheur par excellence, lorsque cela est fait dans de bonnes conditions, cela peut rapidement se transformer en cauchemar. En effet, quand rentrant d’une harassante journée de labeur, je rentre chez moi et, avec la délicatesse de Thierry Ardisson, assoies mon séant sur les toilettes, je ne peux m’empêcher de sourire bêtement à la porte qui me fait face. Et, j’ai du mal à retenir un soupir, lorsque, décontractant tous mes muscles, je me vide de mon trop-plein et me remplis d’extase. Voilà pourquoi, généralement, déféquer est divin.

 



Toutefois, il arrive souvent que l’on subisse le revers de la pédale, comme le disent si bien les tennismen gays amateurs de cyclisme. Les conditions ne sont pas toujours idéales. Le temps ne reste pas constamment au beau fixe. Deux exemples sont là pour le prouver, deux exemple desquels nous retireront les critères nécessaires à un agréable caca. Le premier exemple est tiré d’une expérience vécue dans les toilettes du lycée au sein où je passe actuellement mes concours. En effet, ayant dépensé un salaire parental pour passer ces concours, je me suis dit que je me devais d’essayer les toilettes pour ne pas dépenser l’argent familial sans aucune raison. C’est avec une curiosité semblable à celle ressentie par un enfant lors de sa première visite au zoo que je pénètre dans ces toilettes. Pas de mauvaises odeurs, pas de traces douteuses, du papier toilettes, j’étais satisfait. C’est en me retournant pour verrouiller ma cabine que le cauchemar a commencé : le verrou était absent. Pas l’ombre d’un verrou. Ayant l’impression que les All Blacks ne cessaient de plaquer mon derrière, je me décidais à rester dans un cette cabine en tendant les jambes afin de bloquer la porte. Les contractions se finissant, je mis au monde un magnifique spécimen de 500 grammes, ni trop dur, ni trop mou, parfait. J’ai donc commencé à retirer du papier toilette, sous forme de rouleau, et quelle ne fut pas ma surprise quand, en le touchant, je crus refermer les doigts sur une feuille de brouillon utilisée il y a moins d’une heure. Seconde désillusion !!!  Ô grands dieux comment peuvent-ils nous faire payer tant d’impôts et ne pas nous offrir du papier de qualité ? Avant d’avoir porté cette infamie sur mon tendre derrière le rouleau s’échappa de la structure qui le tenait. J’étais donc là , et las, les jambes tendues pour éviter que l’on voit mon intimité penché en avant en essayant désespérément de faire revenir le rouleau de papier toilettes avant, qu’en se déroulant, il ne passe sous la porte. Prostrée tel Frodon portant l’anneau, je tentais, handicapé par ma souplesse digne d’un bretzel, de récupérer ce qui nettoierait le mien d’anneau… Passons donc les détails concernant ce papier qui étale plus qu’il n’essuie… Ainsi est-il nécessaire, pour se préserver contre de tels malheurs, de toujours avoir son propre papier toilette sur soi.

 




Passons au second exemple, plus bref, plus universel. Il arrive parfois que notre transit intestinal soit perturbé, que ce soit à cause d’une bactérie ou d’un excès de piments. Or dans ces cas là, on est souvent sujet à : Réponse A : des diarrhées

                                                      Réponse B : des vomissements

                                                      Réponse C : les deux

                                                      Réponse D : la réponse D

 


Oubliez les trois dernières réponses puisqu’elles n’entrent pas dans notre domaine d’étude. Il n’y a aucun plaisir à courir en pleine nuit jusqu’aux toilettes se débarrasser d’un repas que l’on avait pourtant tant apprécié. Cette explosion après laquelle nous pissons de la merde par le  cul est au moins aussi écoeurante qu’un discours de J-M Le Pen dont le larynx tient le rôle d’intestin, et la bouche de je vous laisse deviner quoi.

 



En somme, un bon caca, c’est un caca volontaire, et agrémenté d’un papier de bonne qualité.

 

par Mehdy commentaires (1)   
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Mardi 25 mars 2008

Il y a des jours où rien ne va. Il y a des jours où l’on apprend à se connaître, et on regrette cette découverte. J’aimerais faire machine arrière, j’aimerais pouvoir remonter le temps et éviter ce moment où j’apprends cette horrible vérité.

 




J’ai 20 ans, j’ai dépassé de peu le quart de ma vie, et pourtant on me répète que je ne sais rien, parce que je n’ai rien vécu. C’est sûrement vrai, je ne sais probablement rien. Je ne suis qu’un impie intolérant porte parole de l’ouverture d’esprit et du multiculturalisme. Je ne revendique l’égalité des chances que pour arriver à mes fins et prône un cosmopolitisme teinté de racisme et d’individualisme. Hier je ne savais pas tout cela, mais aujourd’hui une divine lueur a éclairé ma lanterne et m’a sorti de l’obscurantisme dans lequel j’étais confiné depuis ma plus tendre enfance. Depuis ce matin 8heure je ne suis plus un quidam moyen, je suis relégué au rang des ordures dégénérées les plus viles, repoussantes, ignobles et inhumaines que la Terre n’ait jamais porté. Moi qui me pensais plutôt humaniste, tolérant et défenseur de l’égalité des chances ne serais en réalité qu’un fervent défenseur du national-socialisme. N’étant pas des plus cultivés, je me précipite sur mon Larousse 2007 afin de savoir qui je suis, ce que je pense, comme je dois agir pour coller à ce qui me définit. Page 724, le Petit Larousse m’explique enfin à quoi j’adhère et quelles valeurs je soutiens. National-socialisme : Mouvement nationaliste et raciste (plus particulièrement anti-sémite), dont la doctrine exposée par Adolf Hitler dans Mein Kampf a servi de politique à l’Allemagne de 1933 à 1944.

 




Il va sans dire que, dans un premier temps, j’ai été horrifié. Comment moi, franco kabyle côtoyant des juifs, aurais je pu me douter un seul instant que j’étais antisémite et raciste ? Puis j’ai repensé à la magnifique métaphore filée grâce à laquelle mon professeur d’économie m’a permis, à moi et peut-être aussi à tous mes camarades, de se découvrir de nouvelles valeurs et un nouveau guide spirituel. Elle a évoqué des souvenirs d’enfance, qui  semblaient d’ailleurs l’avoir tellement touchées qu’elle vagissait plus qu’elle ne parlait. Elle a passé son enfance dans un petit village au centre de la France. Pour ne pas trahir sa pensée, je vais reprendre les termes utilisés ce matin même. Dans ce petit village, des connards votaient pour faire tomber les têtes de salopards Juifs. Il semblerait que l’attitude d’une partie de notre classe soit identique à celle de ces villageois depuis qu’une partie d’entre nous proteste contre la mise en place d’entretiens supplémentaires pour des élèves déjà bons, et dont certains n’ont pas raté les entretiens précédents. Il semblerait donc raciste, antisémite et intolérant de ne pas considérer qu’égalité des chances soit synonyme de privilèges pour les meilleurs et mise à l’écart des moins bons. Je dois vous avouer que j’ai d’abord été révolté par cela, et que j’ai peiné pour ne pas rendre mon repas face à l’usage de notions telles que le nazisme et ce qu’il a entraîné. Je ne vois pas comment elle a pu faire le lien entre moi et Hitler, Himmler, les camps de concentration, si ce n’est que comme Himmler, je fais usage, quotidiennement, de fours. Je n’ai jamais éprouvé la moindre haine envers les Juifs ou les Israéliens, même s’il est vrai que je ne suis pas tout à fait d’accord avec la politique qu’ils mènent en Palestine. Je me suis donc longuement demandé ce qui pouvait faire de moi un national-socialiste.

 




Procédons par ordre. Dans mes veines coulent du sang breton. Ceci explique cela. En ayant du sang breton dans le corps, je ne pouvais guère mieux espérer finir militant du Front National. Comment, avec mes origines bretonnes, pourrais je, ne serait-ce même qu’essayer, de soutenir le fait que je ne suis pas raciste ?!! C’est impossible. Un Breton sans racisme, c’est comme un vin sans raisin. Ajoutons à cela mes gênes kabyles. Qu’est-ce qu’un kabyle, un bicot, un melon, déteste le plus après le ketchup dans le couscous ? La réponse vous saute aux yeux, c’est bien les Juifs. Je n’ai donc pas besoin de chercher plus loin, je suis bel et bien un national-socialiste, et en y réfléchissant bien, ce n’est pas si grave que cela. Eh oui !!! Qui après l’échec de la République de Weimar a rétablit l’ordre et la stabilité économique ? Qui a augmenté l’espérance de vie en améliorant l’hygiène, notamment à travers la création de nombreuses douches ? Qui a développé le secteur de la sidérurgie et de la chimie pendant les années 30 ? Qui a sorti le monde de sa torpeur en tentant d’unifier les nations d’Europe ? Je n’ai qu’une réponse à toutes ces question : c’est l’application du national-socialisme. Le four micro-onde aurait-il eut le même succès sans la publicité faite par Goebbels ? Aurions nous assez de place sur Terre aujourd’hui pour vivre correctement et subvenir à nos besoins ? On nous répète sans cesse que nous épuisons les ressources terrestres, mais sans tous ces gens déportés, il  y aurait des milliards de personnes supplémentaires à nourrir, des personnes qui aujourd’hui seraient impotentes, dépendantes du corps médical, et nous, pauvres citoyens que nous sommes, devrions payer la retraite et les soins de ces parasites !!!

 




Je sais désormais qui je suis. Je suis un populiste, arriviste arriéré ne manquant pas une occasion pour tenter de prendre le contrôle et d’évincer tout ce qui pourrait avoir un quart de tiers de sang juif. Mais si je le fais, c’est pour l’intérêt général, pas uniquement pour que ma situation soit meilleure. C’est par l’intermédiaire d’une femme très cultivée, pour qui l’équation de l’égalité des chances est : Privilège pour les meilleurs – Mise à l’écart des moins bons= égalité des chances, que j’ai su qui j’étais réellement.

 




Je n’ai désormais plus honte de le dire, si être nazi, c’est prôner l’égalité des chances, la tolérance et le multiculturalisme, et que cela correspond à la nouvelle définition du national-socialisme, alors je suis fier d’être nazi…

 

Je dédie ces quelques mots à mon très cher ami David a qui je reproche souvent le fait d'être Juif, mais que je me suis enfin décidé à pardonner, depuis que j'ai appris aujourd'hui  que lui aussi est un nazi...

par Mehdy commentaires (2)   
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