Jeudi 9 juillet 2009

On me demande toujours pourquoi je suis cynique. Je pense qu’il est temps pour moi de m’expliquer. Je peux rire de tout, sur n’importe qui et n’importe quand, sauf de mon chien. On ne touche pas à mon chien. Il est tout pour moi, le seul à venir me faire un câlin quand je rentre chez moi, à venir sur mes genoux quand je ne me sens pas bien, et à me faire rire quand tout va mal. Bref, mon cynisme peut s’expliquer par l’admiration sans borne que je voue à Pierre Desproges. Comme mon chien, il est tout pour moi. C’est un homme qui imitait quelqu’un atteint du cancer de la gorge alors qu’il se savait atteint du même mal. Aujourd’hui, on ne peut rien dire sans être taxé d’irrévérence. Stéphane Guillon, aussi talentueux soit-il, n’a jamais atteint le degré d’acidité dont pouvait faire preuve Monsieur Desproges, et pourtant on le taxe de nombreux sobriquets peu flatteurs. Je tiens à préciser un point : la question Dieudonné. Nombreux sont ceux qui associent Dieudonné à Pierre Desproges notamment à cause de leurs boutades répétées sur les Juifs, or, des deux artistes, il y en a un qui n’a pas fait de Jean Marie Le Pen le parrain de sa fille, je vous laisse deviner lequel. Tout cela pour dire, que le sens de l’humour, s’il ne ressemble pas à celui Gad Elmaleh ou Jamel ne va souvent pas le bon sens pour la plupart des gens.  Toutefois, je ne suis pas sur que cette admiration soit le seul facteur expliquant mon attitude plus que détachée par rapport à certains évènements. La vie est comme mon pénis, et parfois elle est dure. Je n’ai pas trouvé d’autres moyens pour lutter contre les difficultés que de me cacher derrière ce sens de l’humour un peu particulier qui fait grincer tellement de dents, et qui me fait souvent passer soit pour un con, soit pour un connard, ou alors pour les deux à la fois. J’ai toujours été insignifiant. De l’école primaire au collège, on ne me voyait que comme une sorte d’extra-terrestre juste bon à donner les réponses pendant les contrôles. C’est là que tout a commencé. C’est là que j’ai commencé à comprendre la notion de normes. En boom, venir avec un CD de Nirvana n’aide pas à s’intégrer. Lire l’Odyssée sans que le prof de français ou de latin ne le demande est considéré comme un manquement à l’éthique des écoliers. J’ai été mis à l’écart. Evidemment, j’avais ma petite bande, mais j’étais aussi le dernier invité, ou alors celui qui n’était pas invité. A la place, je faisais mes devoirs. Je lisais, je faisais du sport, j’écoutais la musique, et surtout, je rêvais. J’ai passé une partie de mon enfance sur le dos à regarder mon plafond en refaisant le monde. C’est comme cela que je me suis enfermé dans un monde à part, un monde dans lequel toutes mes émotions se déchaînent, un monde qui m’empêche de ressentir quoique ce soit tant qu’il y a quelqu’un en face de moi pour le voir. Au lieu de simplement dire que je n’aime pas, je ressens l’irrépressible besoin de tourner la situation au ridicule, même si la situation ne s’y prête pas il faut que je laisse échapper une blague ou une réflexion. De la même manière, je ne peux pas être moi-même devant qui que ce soit.

L’avantage de cette situation, c’est que je choisis les gens avec qui j’ai envie d’être. Pas question de faire attention à mes blagues quand je suis avec des gens que je n’apprécie pas. On peut dire que mon humour c’est un peu comme la sodomie, il y a des gens qui veulent essayer, et des fois ça passe, il y en a qui n’essaient même pas. Ca aide déjà à faire un léger tri des personnes. Personnellement, j’ai du mal à apprécier une personne qui ne me fait pas rire, je suppose donc que les autres font de même.

En revanche, l’inconvénient, c’est que je me trompe souvent. Il arrive régulièrement que je reste avec les premières personnes qui rient et qui me font rire. Cela m’empêche d’aller vers d’autres personnes beaucoup plus intéressantes, et rebutées par mes remarques, certes souvent déplacées, et par mon côté taquin. Il est difficile d’en vouloir à une fille de me rejeter parce que je lui ai dit qu’elle était belle comme un portrait de Picasso.

 

 

 

Par NeuNeu - Publié dans : Me, myself & I
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Commentaires

en effet pour les compliments ya encore du boulot lol
Commentaire n°1 posté par Eva le 11/07/2009 à 17h57
Beeuh quoi?! Je comptais aussi dire que j'aimerais rester à ses cotés comme une mouche au cul d'une vache...
Réponse de NeuNeu le 15/07/2009 à 22h39
"Mon humour c'est un peu comme la sodomie " : hautement philosophique comme réflexion...
Commentaire n°2 posté par Amina le 30/07/2009 à 15h13
C'est vrai, je te l'accorde. A l'Académie Française ils ont adoré cette métaphore!
Réponse de NeuNeu le 30/07/2009 à 15h21

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