Rien ne va plus. Jusque là, je me forçais à me coucher à 23heure pour être en forme au stage, maintenant je veille jusque plus tard. Ce nouveau style de vie me vide de toute mon énergie et de mon envie de faire des efforts. Je ne suis plus assez productif au travail, encore heureux que je ne croule pas sous les dossiers. Avant, j’arrivais à travailler toute la journée, sans m’ennuyer, mais depuis un ou deux jours, je suis plus souvent sur Facebook que sur la base de données dont je dois m’occuper. J’étais vraiment bien quand j’avais du travail, je ne pensais à rien d’autre et ne levais la tête que pour admirer la beauté de ma collègue avant de me replonger dans la liste de noms sous mes yeux. Pendant le premier mois, j’ai adoré rester dans cette montagne de boulot, le léger stress des échéances, et quand les autres stagiaires venaient me voir pour qu’on aille à la cantine ensemble. J’ai un peu de mal à m’intégrer, j’ai tendance à être un peu timide quand on est plus de deux ou trois, et surtout en plein repas. J’engloutis ma salade, je savoure un peu plus la pizza et je remonte surfer un peu sur internet avant de reprendre le boulot. Dans cet environnement aseptisé et studieux, je pense tout de même à me détendre. Je me lève tous les jours à la même heure, et sort de l’espace de travail. Je vois tous mes collègues, ils sont au téléphone, fouillent dans des piles de papier, regardent leurs ordinateurs, aucun ne me remarque. Je ne marche pas longtemps avant d’atteindre mon petit havre de paix. J’ouvre une porte, puis une autre, et m’assoie. Je suis seul, il n’y a aucun bruit, je lâche un léger soupir de soulagement et me laisser aller. Je lève la tête, ferme les yeux et à repenser à tout ce qui ne va pas dans ma vie, puis je me concentre sur le silence, le calme qui règne ici. J’adore ces toilettes. Malheureusement, il semblerait que la loi des séries soit à l’œuvre. Elles étaient propres et pas trop odorantes jusque là. Or, depuis quelques jours, quelqu’un ressent le besoin de passer avant moi et de laisser derrière lui une odeur putride. Ce qui était pour moi un havre de paix est soudainement devenu une décharge à ciel ouvert. J’ai donc tout perdu cette semaine, mon travail, et ma résidence secondaire. Le désespoir m’envahit tout doucement. Je ne sais plus quoi faire… Il n’y a qu’une seule solution, trouver le responsable de cette pollution olfactive, et le défier pour la propriété des toilettes.
La bataille ne fait que commencer…
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